Réalisée au cours des années 1960 et 1970, la série consacrée à la pétanque ne doit pas être lue comme un simple reportage folklorique, mais comme une étude visuelle approfondie de la sociabilité provençale. Hans Silvester, ayant choisi la Provence comme terre d’élection, aborde ce sujet non en visiteur, mais en observateur immergé dans le quotidien villageois. Il transforme le boulodrome en un véritable théâtre populaire, un espace scénique où se jouent les dynamiques communautaires, révélant une « humanité provençale » saisie dans son authenticité la plus brute.
La démarche esthétique de Silvester dans ce corpus privilégie une prise de vue « à hauteur d’homme », refusant la distance objective pour entrer dans l’intimité du jeu. Cette proximité lui permet de décomposer la chorégraphie des corps et la tension des visages, capturant des instants de concentration extrême et des interactions sociales complexes.