Il y a des villes secrètes et d’autres très lisibles. Il y a des villes belles la nuit et d’autres effrayantes même le jour.
Dans cette exposition, on peut voir des villes en construction, des villes illuminées, des villes où les piétonnes ont l’air pressées et où des hommes s’ennuient sur un banc. On pourra voir des humains qui, à part courir ou s’ennuyer, jouent avec des planètes en tentant de décrocher la lune ou de fixer la course du soleil. Certains artistes ont essayé de transmettre leurs souvenirs d’une ville traversée rapidement, dont ils sont prêts à tomber amoureux, en ignorant que les citadins de cette même cité sont lassés de son humeur feinte, de son impudeur, de ses fausses accointances et la considèrent comme un mensonge assourdissant.
On peut vérifier dans cette proposition d’accrochage que l’art photographique ne consiste pas seulement à faire part de la réalité, n’est pas seulement un constat – la chute du mur de Berlin – la couleur légendaire des murs de Burano – mais peut, aussi, être une composition inventée – un monument parisien célèbre recréé avec les déchets laissés sur place par des touristes – une interprétation de paysage en observant les giclures envoyées sur les murs par les voitures. Certains rêveurs imaginent même qu’une ville aurait toujours la même topographie de nuages en donnant un nom aux nuages des capitales européennes comme s’il s’agissait d’un répertoire… Et, si on leur demande des précisions climatiques, ils avouent qu’ils ne voyagent jamais.